
Le lac et le glacier du Grand Méan
Le glacier et le lac du Grand Méan se situent en Haute Maurienne, en bordure du parc National de la Vanoise.
Le pied du glacier du Grand Méan se trouve à 2 876 m et son sommet à 3 260 m. Il s’agit d’un glacier suspendu qui s’effondre dans le lac éponyme en une falaise à pic. Sa langue terminale a perdu au moins la moitié de sa masse au cours des 15 dernières années et le glacier est aujourd’hui considéré « en sursis ».
Le lac glaciaire du Grand Méan est très jeune : il y a 60 ans, il n’existait pas. Il s’est formé par le recul du glacier (plus de 500 m en 60 ans). On peut constater que, sur les vues aériennes de 1950 de l’IGN, la langue du glacier atteignait le verrou glaciaire. Du fait de la fonte des glaces, des icebergs sont visibles sur le lac durant tout l’été.
Montée au refuge et au plan des Évettes
La randonnée démarre au parking du Pont Saint Clair, au-dessus du hameau de l’Écot. Nous sommes alors à 2020 m et on remonte tout d’abord à flanc de colline en dominant la vallée de l’Arc. Très vite, la végétation devient rase : les arbres sont remplacés par des prairies herbeuses et le paysage se dégage. Vers 2 330 m, il est possible de bifurquer vers le plan des Roches ou de monter directement. J’ai choisi la montée directe (plus courte mais plus raide) et de redescendre par le plan des Roches au retour.
Après la jonction des deux itinéraires, on remonte un nouveau vallon en direction du col des Évettes et du refuge du même nom. La montée est plus douce, toujours dans une prairie herbeuse. A l’arrivée au refuge, on découvre un paysage à couper le souffle avec une vue plongeante sur le plan des Évettes et les glaciers qui l’entourent.


Montée au glacier et au lac du Grand Méan
Avant d’attaquer la montée vers le glacier et le lac du Grand Méan, il faut tout d’abord descendre du refuge vers le plan des Évettes. On arrive alors au sommet des gorges de la Reculaz et de la cascade éponyme. Après avoir franchi le pont Romain (2 500 m) et longé un moment le torrent, il faut bifurquer à gauche en direction du lac. Commence alors une montée très différente : raide et principalement composée de pans rocheux, laissés lisses par les glaciers à une époque ou ils descendaient jusque-là. Lorsqu’il fait beau, aucun problème car les rochers tiennent bien mais cette montée est assez délicate lorsqu’il pleut, car ces grandes pentes humides deviennent vite glissantes.
Durant toute la montée, la vue sur le plan des Évettes est grandiose. On le domine de plus en plus en prenant de l’altitude. Le lac et le glacier restent quant à eux masqués jusqu’au dernier moment.
La dernière partie de la montée se fait dans un décor minéral dominé par le mont Séti (3 153 m). Le souffle se fait court car on s’approche ds 2 800 m et la nature devient de plus en plus sauvage.
Le franchissement du verrou glaciaire par un petit raidillon, laisse apparaître le glacier et le lac. On reste ici sans voix devant ce paysage !
Au pied du glacier, au bord du lac
Pour atteindre le pied du glacier, il faut emprunter le sentier qui longe et surplombe le lac. Arrivé au bout de ce dernier, pratiquement au pied de la falaise du glacier, on se retrouve entre eau et glace. On est véritablement au pied du glacier tout en se trouvant au bord du lac. Ce jour-là, il y avait en plus quelques mâles bouquetins venus lécher le sel et les minéraux des rochers.
Ici on a l’impression de se trouver dans un autre monde, minéral, ou la glace côtoie la roche et l’eau. L’ambiance est impressionnante. J’ai pique-niqué au bord du lac, entouré de glace et presque au pied de la falaise. On entend alors régulièrement des blocs qui se détachent de la paroi et tombent dans le lac.


Variante
On peut décider de réaliser cette randonnée en boucle, en montant par les gorges de la Reculaz et en redescendant par le refuge des Évettes et le plan des Roches.
Au départ du parking, le sentier remonte le vallon avant d’atteindre les gorges de la Reculaz. Le chemin devient alors très technique, avec des mains courantes en montant dans des pierriers et des barres rocheuses. Il domine le ruisseau de la Reculaz avant d’arriver à la cascade du même nom ou l’on rejoint le pont Romain et le sentier du refuge.
Ce circuit est très escarpé et déconseillé aux enfants, aux personnes sujettes au vertige et à tous par temps de pluie ou humide. Il faut donc impérativement emprunter cette boucle en montant par les gorges et non dans l’autre sens.
Dilemme
Lorsqu’on arrive au glacier et au lac du Grand Méan, on est subjugué par la beauté du spectacle. Mais ne devrait-on pas plutôt en être dépité ou affolé ?
En effet, ce spectacle grandiose n’est dû qu’au réchauffement climatique. Le glacier a reculé de 500 m et créé ce lac en 60 ans à peine. Et tout cela va continuer et s’accélérer jusqu’à la mort et la disparition du glacier.
Il est donc paradoxal de penser que nous sommes responsables de la création de ce somptueux spectacle qui n’est autre que la destruction de la nature…

Liens utiles
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| Cartes IGN | https://cartes.gouv.fr |
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